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 allen john wood ♦ « pretending you were just some lover. »

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Finn

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PostSubject: Re: allen john wood ♦ « pretending you were just some lover. »   Wed 7 Sep - 19:41



 

coincé entre les murs de l'école, allen ne savait pas comment respirer. il voulait s'étaler, se faire remarquer, se démarquer. il ne voulait pas s'élever au rang de "populaire", mais plutôt "d'intéressant". tout le poussait à se taire, se renfermer sur lui-même, être aussi banal et inutile que les autres.
ça ne lui plaisait pas.
mais il savait. il savait, dans sa tête, qu'il n'avait rien à voir avec les autres. pourquoi lui, trouvait les garçons aussi beaux que les filles? pourquoi il restait assis, seul, au milieu de la cour alors que tout le monde avait un groupe d'amis? pourquoi avait-il des notes excellentes? beaucoup trop de questions, dans la tête d'un enfant. il n'avait pas peur. il n'avait pas peur des enfants plus grands que lui, qui l'attendait à la sortie de l'école, pour l'envoyer valser contre et muret et le frapper à plusieurs. il se fichait des marques sur son visage et des bleus sur son corps. ça n'importait pas.
même si c'est devenu plus sérieux au collège, et finalement, au lycée.
"sale pédé."
"va t'faire enculer, wood, c'est ton truc, non?"
"t'as pas d'amis, personne veux de toi, tu devrais même pas exister, t'es pas humain."
"regardez sa gueule. t'as pas dormi, wood? tu t'es branlé toute la nuit?"
toujours. les. mêmes. coups.


 


« vous voyez, commença t-il, j'en ai vraiment rien à foutre, de me faire emmerder par des gens comme ça. je veux dire, en quoi c'est censé m'atteindre? on a beau me le crier à la gueule, je suis pas une tarlouze, donc je m'en branle. sérieux, il peuvent m'insulter, croire que leurs couilles font d'eux des putain de super-héros, j'en ai rien à foutre. j'ai juste envie d'être seul, c'est pas compliqué, si? c'est juste une histoire de bites, ça m'énerve que ça prenne ce genre d'ampleur débile. » quand il parlait à son psychiatre, il ne le regardait pas dans les yeux. il regardait son front ridé, son nez proéminent et ridicule, les imperfections de son visage âgé. il ne prenait rien de ça trop au sérieux, en réalité. c'était juste un prétexte de sa mère pour se rassurer, pour se dire que son fils était normal, qu'il allait être soigné de toute façon, et que tout allait parfaitement bien. allen, du haut de ses 18 ans, s'en jouait. serrant un coussin contre son torse, il s'enfonça un peu plus dans le canapé sur lequel il se tenait. « ma mère me voit comme un taré, vous me voyez comme un taré, les cons de mon lycée me voient comme un taré. c'est une mascarade quoi, une connerie que vous avez tous décidé de monter ensemble. c'est vraiment débile, mais au moins, ça me fait oublier à quel point ma mère est une conne, et mon père un sale lâche. j'suis vraiment en train de vivre le meilleur moment de ma vie, non? » il ponctuait ses phrases de sarcasme, bafouillait la vérité, en profitait pour être vulgaire. il n'avait pas vraiment de respect pour son interlocuteur. « alors, allen, tu vas continuer de te détacher de tout ce qui arrive? c'est ta manière d'affronter les choses? » le concerné leva les yeux au ciel, soupira, montra son agacement de toutes les façons possible. il jeta l'oreiller sur le canapé et se leva d'un seul coup. « je vois pas d'autres solutions, einstein. et puis, je vais pas changer ma manière d'être, si? non, sérieux, tout ça, ça sert à rien. je sais même pas pourquoi je viens encore ici. » il adressa un dernier regard meurtrier à son psychiatre, et quitta la pièce, malgré les protestations du professionnel.
depuis, il n'y est jamais retourné.



du bout des doigts, allen frôlait les photos de classes de ses années scolaires. une à une, il les jetait dans la cheminée crépitante juste en face de lui. silencieux, il se remémorait quelques bribes de son passé. son père invisible et pourtant jamais parti, sa mère idiote, ses camarades de classes avec leur comportement d'animal. c'était risible. « tu es prêt, Pete? » il se tourna vers son amant, l'appareil photo dans la main droite, une cigarette dans l'autre. à la vue de son interlocuteur, qui venait de se changer, allen sentit un sourire s'élargir sur ses joues. son coeur battait bien plus vite qu'il y a quelques minutes. « tu es parfait. » il se retint d'aller l'embrasser, et ils commencèrent de suite. quelques simples clichés, quelques uns dans l'obscurité, d'autres à la lumière du feu ou de la lampe, quelques essais.
allen aurait pu y passer des heures.






don't worry, i'm sure you're still breaking hearts with the efficiency that only youth can harness.

_________________


it's a filthy goddamn world we live in.

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